18% des adultes n’ont jamais entendu parler de la cinquième maladie, et pourtant le virus circule bel et bien dans toutes les strates de la population. Pas de frontières d’âge pour le parvovirus B19 : chez l’adulte, il brouille les pistes, mime d’autres infections, et se faufile souvent sans bruit. Résultat, le diagnostic arrive tard et les risques sont parfois minimisés, surtout dans les milieux médicaux ou familiaux où la vigilance devrait être de mise.
Les symptômes de la cinquième maladie chez l’adulte sont loin d’être évidents à reconnaître. Le virus ne se contente pas d’imiter, il désoriente. Cela retarde la réaction adéquate et complique la tâche pour les soignants comme pour les patients. Certains profils, notamment les femmes enceintes, les immunodéprimés ou ceux qui vivent avec une anémie chronique, doivent rester sur leurs gardes : pour eux, l’infection peut tourner au casse-tête médical.
La cinquième maladie chez l’adulte : une infection souvent méconnue
On parle souvent de la cinquième maladie comme d’un mal de l’enfance, mais c’est une erreur. Le parvovirus B19, strictement humain et découvert en 1975, frappe aussi les adultes, parfois de façon discrète, parfois en provoquant de véritables épidémies. Chaque année, la France et l’Europe voient resurgir des flambées, principalement à la sortie de l’hiver et au printemps.
Le mode de contamination le plus courant reste la voie respiratoire, par de fines gouttelettes expulsées lors d’une toux ou d’un éternuement. D’autres chemins existent : le sang ou la transmission de la mère à l’enfant lors de la grossesse. C’est souvent avant même l’apparition des premiers signes que la personne infectée transmet le virus autour d’elle, ce qui explique la rapidité de diffusion lors des périodes épidémiques.
Chez l’adulte, la cinquième maladie ne suit pas toujours le schéma classique. L’éruption cutanée caractéristique, qui frappe l’imaginaire collectif, manque souvent à l’appel. À la place ? Des douleurs articulaires, une fatigue diffuse, ou, parfois, rien de très visible. Cette discrétion trompeuse explique pourquoi l’infection passe sous le radar, notamment dans les milieux professionnels exposés comme le secteur médical, l’enseignement ou dans les familles.
Quand le virus circule davantage, certains groupes doivent redoubler de prudence. Voici les profils les plus concernés :
- Les adultes dont le système immunitaire est affaibli
- Les femmes enceintes à n’importe quel stade de leur grossesse
- Celles et ceux qui vivent avec une anémie chronique
Pour eux, le risque de complications grimpe nettement, ce qui justifie une surveillance médicale rapprochée.
Quels signes doivent alerter ? Symptômes typiques et particularités chez l’adulte
La cinquième maladie chez l’adulte ne ressemble que de loin à celle de l’enfant. Pas de joues rouges flamboyantes dans la majorité des cas, mais plutôt des débuts en douceur : une fièvre modérée, une fatigue qui s’installe, des maux de tête, parfois des douleurs musculaires. Ces signes précèdent de quelques jours l’arrivée d’une éruption cutanée, mais celle-ci passe souvent inaperçue chez l’adulte.
Quand elle se manifeste, l’éruption préfère les bras, les jambes ou le tronc. Elle se dessine de façon irrégulière, parfois en « carte de géographie », parfois en « gants et chaussettes » sur les extrémités. Le visage, lui, est rarement touché. L’intensité des démangeaisons reste faible, voire absente, ce qui tranche avec d’autres maladies virales.
La signature de la cinquième maladie chez l’adulte, c’est la fréquence des douleurs articulaires. Jusqu’à 6 adultes sur 10 en souffrent, surtout des femmes. Les mains, les poignets, les genoux et les chevilles sont les zones les plus concernées. Ces douleurs peuvent s’étirer sur plusieurs semaines, mais elles ne laissent pas de séquelles durables.
Le diagnostic n’est donc pas évident à poser. Parfois, aucune éruption ne s’affiche, seuls persistent la fièvre et les articulations douloureuses. Lorsque ces symptômes surgissent en fin d’hiver ou au printemps, et qu’une épidémie de parvovirus B19 sévit, le doute n’est plus permis : il faut penser à la cinquième maladie.
Risques et complications : ce qu’il faut vraiment savoir
Chez l’adulte en bonne santé, la cinquième maladie se termine généralement sans incident. Mais certains contextes imposent de rester sur ses gardes. Le parvovirus B19 s’attaque aux cellules destinées à devenir des globules rouges. Pour les personnes avec une anémie chronique, comme la drépanocytose ou la thalassémie, cela peut se traduire par une aggravation brutale de leur état, avec parfois nécessité de transfusion sanguine.
Les femmes enceintes, surtout lors du premier et du deuxième trimestre, doivent également faire attention. Si le virus traverse le placenta, il peut provoquer chez le fœtus un œdème généralisé, appelé anasarque, voire conduire à une issue dramatique comme une mort in utero ou un avortement spontané. Ces situations restent rares, mais elles exigent un suivi échographique rapproché en cas de contamination avérée.
Pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli, qu’il s’agisse de VIH, de traitements immunosuppresseurs ou après une greffe, l’infection peut devenir chronique. Le corps ne parvient pas à éliminer le virus : l’anémie s’installe, parfois compliquée par une inflammation du cœur ou, exceptionnellement, du cerveau.
Dans des cas très particuliers, la cinquième maladie provoque des éruptions vésiculeuses ou des purpuras localisés sur les mains et les pieds. Heureusement, ces formes restent exceptionnelles et la majorité des adultes s’en sortent sans suite.
Prise en charge et conseils : quand consulter un professionnel de santé ?
En l’absence de complications, la cinquième maladie chez l’adulte se gère surtout par le confort : paracétamol pour la fièvre et les douleurs, repos, hydratation. Les anti-inflammatoires ne sont à envisager qu’après un avis médical. Aucun traitement antiviral n’a prouvé son efficacité contre le parvovirus B19.
Chez les personnes vulnérables, comme les immunodéprimés ou les malades souffrant d’anémie chronique, la prise en charge peut exiger une hospitalisation. On recourt alors aux immunoglobulines par perfusion ou à des transfusions si besoin. Pour les femmes enceintes exposées au virus, la surveillance par échographie s’impose, afin de détecter rapidement toute anomalie fœtale.
Certains signaux doivent amener à consulter sans tarder un professionnel de santé. Voici les situations à surveiller particulièrement :
- Fièvre qui ne s’atténue pas ou signes généraux très marqués
- Douleurs articulaires qui persistent ou empêchent les gestes quotidiens
- Antécédents d’anémie chronique ou d’immunodépression
- Grossesse assortie d’un contact avec une personne infectée
Le diagnostic s’appuie sur des analyses sanguines : sérologie ou PCR pour rechercher la présence du virus. Une fois guéri, on ne risque plus d’être réinfecté : l’immunité est acquise pour la vie. À ce jour, il n’existe aucun vaccin.
Pour limiter la transmission, il vaut mieux miser sur l’hygiène : lavage fréquent des mains, désinfection des objets partagés, réduction des contacts avec les personnes fragiles. Des habitudes toutes simples, mais qui freinent efficacement la propagation du parvovirus B19.
La cinquième maladie reste discrète mais n’est pas à prendre à la légère. Un virus qui avance masqué, une vigilance qui fait toute la différence, et, parfois, une simple consultation qui peut tout changer.


