Plus de 80 % des accouchements avec péridurale connaissent une modification du déroulement du travail. Certains protocoles hospitaliers limitent ou recommandent certaines positions, alors que les études montrent des bénéfices à varier les postures même sous anesthésie.
La phase dite de désespérance, souvent redoutée, survient indépendamment du type d’analgésie utilisée. Les recommandations officielles évoluent régulièrement sur la gestion de la douleur et sur l’accompagnement en salle de naissance.
Comprendre la péridurale et ses effets sur le travail
La péridurale bouleverse la gestion de la douleur lors du travail en maternité. Par l’injection d’un anesthésique dans l’espace péridural, près de la moelle épinière, elle bloque la transmission des signaux douloureux issus des contractions utérines. L’intervention, réalisée par un anesthésiste aguerri, permet souvent de conserver une part de mobilité, selon le dosage et la technique employée.
Si la plupart des femmes ressentent un soulagement net, il arrive que la dilatation du col de l’utérus marque le pas. Le fameux bloc moteur, cette perte de force musculaire, peut limiter les mouvements et inciter à privilégier certaines postures. Une surveillance attentive par la sage-femme s’impose pour guetter la rétention urinaire ou d’autres effets secondaires associés à l’anesthésie péridurale.
Dans certains contextes, suspicion de brèche de la dure-mère, prolongement du second stade, nécessité d’utiliser des instruments ou d’envisager une césarienne, la vigilance monte d’un cran. Même si la technique reste globalement sûre, elle n’est pas exempte de risques. L’accompagnement personnalisé demeure la clé pour conjuguer confort, sécurité et respect du rythme de l’accouchement.
Quelles alternatives pour mieux gérer la douleur pendant l’accouchement ?
La douleur ressentie durant le travail n’est pas une fatalité immuable. De plus en plus de femmes optent pour des méthodes naturelles ou complémentaires afin de traverser l’accouchement avec une implication active et moins d’appréhension. Le bain chaud, aujourd’hui proposé dans bon nombre de maternités, détend les muscles, atténue l’afflux d’adrénaline et stimule la production d’endorphines, véritables antidouleurs internes. Pratiquées par des professionnelles formées, l’acupuncture et l’acupressure puisent dans la tradition chinoise pour atténuer les messages douloureux transmis au cerveau.
S’appuyer sur la mobilité reste un atout majeur. S’inspirer des recommandations de Bernadette de Gasquet, médecin professeure de yoga, c’est miser sur la respiration profonde, les postures physiologiques et la conscience du périnée. Ces pratiques, largement diffusées lors des préparations à la naissance, encouragent la femme à jouer un rôle actif, modérant parfois l’intensité des contractions perçues.
Voici quelques alternatives non médicamenteuses, souvent complémentaires de la péridurale :
- Le massage prodigué par le partenaire ou la sage-femme, qui détourne l’attention des récepteurs de la peau.
- L’usage du ballon de mobilité, pour accompagner la descente du bébé dans le bassin.
- La visualisation positive, renforcée par le dialogue et la présence rassurante de l’équipe.
Ces approches ne se substituent pas toujours à l’anesthésie péridurale, mais peuvent la précéder ou l’accompagner, selon le souhait de la femme. L’essentiel reste la clarté de l’information, pour permettre à chacune de choisir ce qui correspond le mieux à son histoire et à ses besoins.
Positions recommandées sous péridurale : confort et mobilité
La péridurale atténue la douleur tout en préservant parfois une part de mobilité, ce qui autorise des ajustements de position en cours de travail. L’immobilité totale n’est plus la règle. Plusieurs maternités encouragent la recherche de postures d’accouchement variées, afin d’améliorer la progression et le confort maternel.
La position latérale, allongée sur le côté, se distingue par sa simplicité et ses effets bénéfiques : moindre pression sur le périnée, meilleure circulation sanguine vers le placenta, optimisation de la rotation du bébé. Alterner les côtés permet de tirer profit de la gravité tout en préservant le confort. Plus audacieuse, la position à quatre pattes reste envisageable sous péridurale légère, avec un bon soutien, elle aide à repositionner le fœtus et à soulager les douleurs lombaires.
Si la force musculaire demeure suffisante, s’asseoir sur le lit, le dossier relevé, offre une verticalité bienvenue. L’usage du ballon de grossesse ou de la boule de cacahuète glissée entre les genoux favorise l’ouverture du bassin et facilite la descente du bébé lors de la dilatation du col.
Parmi les positions à privilégier sous péridurale, on retrouve :
- Position latérale : allongée sur le côté, pour la dilatation du col et la sécurité
- Position assise : verticalité et confort, sans mobilisation excessive
- Mobilisation douce avec ballon ou boule de cacahuète : ouverture du bassin optimisée
L’appui de la sage-femme reste précieux pour adapter ces positions à la situation, selon le degré de bloc moteur et le stade du travail. Chaque posture doit s’ajuster à la morphologie et à la progression de la naissance, toujours dans le respect des sensations de la femme.
Surmonter la phase de désespérance : conseils pour garder confiance
La phase de désespérance frappe soudainement, souvent quand la dilatation est complète ou sur le point de l’être. C’est un passage redouté, où la fatigue s’accumule, le doute s’invite et la lassitude menace. Pourtant, ce moment fait partie intégrante de l’accouchement. La sage-femme l’identifie sans peine et sait accompagner ce tournant, fait d’un mélange subtil d’épuisement et d’appréhension.
Respirer calmement, même lorsque les contractions s’intensifient malgré la péridurale, reste un geste clé. L’anxiété a tendance à contracter le plancher pelvien, freinant la progression du bébé. Bernadette de Gasquet, médecin professeure, recommande de relâcher la mâchoire, d’expirer longuement et de fixer le regard sur une personne de confiance. Cette méthode, simple en apparence, favorise le relâchement réflexe des muscles du bassin.
L’entourage joue un rôle déterminant : la sagesse de la sage-femme, la présence muette ou encourageante du partenaire, un contact physique rassurant, tout cela contribue à restaurer la confiance et à franchir le cap. Certaines femmes trouvent leur force dans la voix posée de l’équipe ou en verbalisant leurs craintes, libérant ainsi la tension accumulée.
Pour traverser cette étape, plusieurs leviers existent :
- Respirer amplement, relâcher la mâchoire
- Rechercher le contact visuel ou une main à tenir
- Recevoir des encouragements adaptés à sa situation
La phase de désespérance sonne souvent comme un prélude à la naissance. S’appuyer sur les ressources intérieures, s’ouvrir au soutien de l’équipe, et s’accorder le droit de traverser ce moment, voilà ce qui permet de franchir le seuil final, et d’apercevoir le visage de l’enfant tant attendu.


