Rester immobile, paupières closes, alors que tout autour s’agite : voilà un détail qui intrigue, dérange parfois, mais ne dit pas tout de l’état intérieur d’un aîné. Une personne âgée peut passer de longues périodes les yeux fermés, même lorsqu’elle est parfaitement consciente de son environnement. Ce comportement n’indique pas toujours une perte de contact avec la réalité ou un état de sommeil profond.
Dans certains cas, il s’agit d’une réaction à la fatigue, à la douleur ou à des troubles neurologiques spécifiques. Les professionnels de santé observent aussi ce phénomène chez des patients souffrant de maladies chroniques ou lors de phases de récupération. Chaque situation nécessite une attention particulière pour distinguer un simple besoin de repos d’un signal de détresse médicale.
Quand une personne âgée garde les yeux fermés : un phénomène qui interroge les proches
Voir un proche âgé garder les yeux fermés de longues minutes, parfois des heures, a de quoi surprendre. Famille et soignants s’interrogent : simple lassitude ou signe d’un trouble sous-jacent ? Ce comportement, loin d’être anodin, pousse à repenser ce que l’on croit savoir sur l’état de santé et le confort de vie des seniors. Passé 75 ans, ce geste devient nettement plus fréquent : la fatigue prend le dessus, la vue baisse, la maladie isole, et parfois, le corps ou l’esprit lâchent prise. La fermeture des paupières, ce petit rideau tiré sur le monde, devient alors un réflexe protecteur face à la lumière, au bruit ou à l’agitation ambiante.
Fermer les yeux, pour beaucoup, c’est s’offrir une pause. Pour les plus fragiles, c’est aussi une manière de s’abriter, de se couper de stimuli devenus trop envahissants. Certains seniors s’isolent ainsi, volontairement, pour reprendre pied face à une situation difficile ou un environnement anxiogène. Après un séjour à l’hôpital, ou lorsqu’une autonomie glisse doucement, ce réflexe s’accentue.
Les proches, souvent aux avant-postes, perçoivent ces changements subtils. Leur attention permet parfois de repérer les débuts d’un syndrome de glissement, cet enchaînement de signes qui trahit une dégradation rapide. Fatigue, retrait, confusion : la fermeture répétée des yeux, associée à d’autres symptômes, doit alerter sur un risque de perte d’autonomie. L’aidant, qu’il soit membre de la famille ou professionnel, devient alors l’observateur privilégié de cette évolution.
Voici les principaux points à prendre en compte pour comprendre ce comportement :
- Fatigue et troubles de la vision : deux facteurs qui pèsent lourdement chez les seniors.
- Comportement de protection : fermer les yeux pour se prémunir de l’environnement ou du stress.
- Rôle central de l’entourage : famille et aidants repèrent précocement un possible syndrome de glissement.
Quels sont les facteurs physiques et psychologiques à l’origine de ce comportement ?
Chez les personnes âgées, plusieurs causes physiques expliquent la fermeture prolongée des paupières. Les troubles oculaires arrivent en tête : cataracte, DMLA, glaucome, mais aussi sécheresse oculaire, blépharite ou orgelet rendent chaque ouverture des yeux inconfortable, voire douloureuse. Parfois, des contractions involontaires des paupières, le blépharospasme, ou la chute de la paupière supérieure (ptosis) aggravent la situation.
Mais il n’y a pas que le corps qui parle. L’esprit aussi peut entraîner ce retrait. La dépression, fréquente chez les seniors, se faufile souvent derrière des plaintes physiques et favorise l’isolement, la fatigue, la tentation de se couper du monde. Le syndrome de glissement, ce mal insidieux qui suit parfois une hospitalisation, une chute ou un choc, s’accompagne d’un désintérêt profond et d’une lassitude qui se trahit par la fermeture des paupières. Lorsque la désorientation s’installe, en fin de vie ou lors de troubles cognitifs, ce comportement se renforce.
Pour y voir plus clair, il faut garder en tête ces principaux facteurs :
- Pathologies oculaires : cataracte, DMLA, glaucome, blépharospasme, ptosis.
- Facteurs psychiques : dépression, syndrome de glissement, désorientation.
- Manifestations associées : fatigue persistante, retrait social, perte progressive d’autonomie.
Lorsque ces éléments s’additionnent, l’impact sur le quotidien et les relations du patient âgé s’amplifie. Chaque difficulté sensorielle ou émotionnelle favorise le repli, dont la fermeture des yeux devient le témoin silencieux.
Maladies associées et signaux d’alerte à connaître
Fermer les yeux longtemps, chez une personne âgée, ne doit pas être considéré comme un simple signe de fatigue. Il peut révéler une maladie oculaire chronique, cataracte, DMLA, glaucome, dont la fréquence grimpe après 75 ans. Parmi les symptômes qui accompagnent ces pathologies : vision trouble, sensibilité accrue à la lumière, disparition progressive de la vision centrale ou latérale. Ces troubles visuels fragilisent, augmentant le risque de chute, de fracture et accélérant la perte d’autonomie.
Mais ce geste n’est pas réservé aux troubles de la vue. Il peut aussi annoncer un syndrome de glissement, redouté par ceux qui accompagnent les aînés. Ce processus brutal, souvent déclenché par un accident, une hospitalisation ou une infection, s’exprime par une fatigue écrasante, de la confusion et un repli profond. Si d’autres signes apparaissent, déshydratation, dénutrition, incontinence, il faut agir sans tarder.
Voici les signaux qui doivent éveiller l’attention :
- Chute inattendue ou fracture chez la personne fragile
- Isolement brutal ou retrait social marqué
- Diminution rapide des capacités mentales
- Dégradation d’une maladie chronique (diabète, hypertension…)
Surveiller ces alertes demande l’engagement de tous : proches, aidants, professionnels. Laisser s’installer des troubles visuels non traités, en plus d’un isolement progressif, ouvre la voie à un cercle de déclin dont il est parfois difficile de sortir.
Mieux accompagner un senior concerné : attitudes et gestes qui comptent
Accompagner une personne âgée qui garde souvent les yeux fermés réclame finesse et bienveillance. Le premier réflexe des proches et des aidants consiste à maintenir le contact, à multiplier les petites attentions qui rompent l’isolement. Quelques mots échangés, une promenade improvisée, une activité adaptée : ces gestes simples redonnent confiance et dynamisent, même si la parole se fait rare.
La surveillance de la santé visuelle ne doit pas passer au second plan. Un rendez-vous régulier chez l’ophtalmologue, surtout après 75 ans, aide à détecter et traiter précocement les troubles de la vue comme la cataracte ou la DMLA. Protéger les yeux du soleil avec des lunettes adaptées lors des sorties, adapter l’éclairage du domicile, tout cela contribue à réduire l’inconfort.
L’alimentation joue aussi un rôle : privilégier des produits riches en antioxydants, légumes verts, poissons gras, fruits colorés, soutient la santé de la rétine et du nerf optique. Encourager chaque occasion de bouger, même modérément, aide à préserver l’autonomie. Monter quelques marches, traverser le salon, sortir dans le jardin : chaque petit effort compte pour lutter contre le déclin cognitif.
Dans les situations les plus complexes, le recours à une équipe médicale, médecin traitant, personnels d’EHPAD, intervenants à domicile, s’avère précieux. La coordination entre professionnels et proches affine l’accompagnement, adapte les soins et permet d’identifier les moindres signaux d’alerte. Ce réseau d’attention, discret mais efficace, constitue un rempart contre l’isolement et la fragilisation silencieuse des personnes âgées.
Face à un aîné qui ferme les yeux, la tentation du découragement peut surgir. Pourtant, chaque regard échangé, chaque main tendue rappelle qu’il existe toujours une passerelle, même ténue, entre le silence du repli et la lumière du lien retrouvé.


