Trouver le sommeil malgré des contractions douloureuses

Certains chiffres font froid dans le dos : près d’une femme enceinte sur deux a déjà connu cette sensation étrange, ventre soudain tendu, douleur sourde, sommeil en fuite. Les contractions, qu’on les attende ou qu’on les redoute, occupent vite toutes les pensées. Que signifient-elles vraiment ? Faut-il s’inquiéter lorsqu’elles surviennent au beau milieu de la grossesse, ou annoncent-elles systématiquement l’arrivée du bébé ? À travers ces lignes, faisons le point sur ce que ressentent tant de futures mères, et comment mieux les appréhender.

Qu’est-ce qu’une contraction ?

L’utérus, ce muscle indispensable, travaille en silence, parfois à votre insu. Comme tous les muscles, il sait se contracter, se détendre, s’adapter au fil des mois. Pendant la grossesse, il prend du volume et se prépare à l’accouchement. C’est ce qui explique ces fameuses contractions : le ventre devient dur, la sensation peut surprendre, puis tout redevient normal après quelques secondes à une minute. Ces mouvements ne sont pas dangereux pour le bébé, bien protégé dans sa bulle de liquide amniotique, prêt à poursuivre sa nuit sans en être dérangé. Si votre ventre se tend, devient ferme, puis finit par retrouver son état habituel, inutile de s’alarmer : il s’agit simplement d’une contraction.

Les spécialistes distinguent deux familles de contractions : celles dites « de préparation », généralement inoffensives tant qu’elles restent peu fréquentes ou peu douloureuses, et les contractions de « travail », qui marquent le début de l’accouchement.

Contractions pendant la grossesse

Bien avant le jour J, il est fréquent de ressentir ce qu’on appelle des contractions de Braxton-Hicks, du nom du médecin britannique qui les a décrites. Elles pointent souvent dès le quatrième mois, sans prévenir. Irrégulières, elles varient énormément d’une femme à l’autre : certaines n’en ressentent quasiment pas, d’autres en comptent plusieurs chaque jour. Elles durent quelques secondes, s’évanouissent aussi vite qu’elles sont arrivées, et ne font pas mal. Surtout, elles n’agissent pas sur le col de l’utérus. Plusieurs situations les favorisent : rester debout longtemps, enchaîner une journée harassante, ou traverser une période de stress. Bien souvent, elles apparaissent en soirée, quand la fatigue s’accumule. Souvent, il suffit de s’accorder une pause, de s’allonger, pour qu’elles s’effacent. En revanche, si ces contractions deviennent très fréquentes ou douloureuses, mieux vaut consulter son gynécologue.

Contractions de travail

La question revient sans cesse : comment distinguer les vraies contractions du travail ? En réalité, leur nature ne laisse aucun doute : elles se montrent régulières, franchement douloureuses et leur fréquence augmente peu à peu. Elles durent plus longtemps, deviennent plus intenses. Beaucoup les comparent à des crampes ou à la douleur ressentie lors des règles.

Début du travail

Le grand jour venu, sous l’effet des contractions utérines, le col s’efface progressivement, puis commence à s’ouvrir pour laisser passer le bébé dans le bassin osseux. Cette phase initiale peut s’étaler, parfois s’interrompre, avant de reprendre. Parfois, la rupture de la poche des eaux vient confirmer que le processus est en marche.

La phase active du travail

Quand la phase active démarre, les contractions ne faiblissent plus. Elles s’allongent, deviennent régulières et de plus en plus rapprochées. Si vous sentez votre ventre se contracter toutes les trente minutes, puis toutes les cinq minutes, c’est le signal qu’il faut rejoindre la maternité. Le col continue de s’ouvrir, jusqu’à atteindre la dilatation complète. Les douleurs peuvent alors irradier l’utérus, descendre dans le bas du dos ou jusqu’aux cuisses, à un rythme d’une à deux minutes. Pour mieux affronter ces contractions de travail, maîtriser sa respiration est un atout précieux. Les séances de préparation à l’accouchement, yoga, sophrologie, haptonomie, aident à se relâcher au bon moment.

La poussée

Quand bébé s’engage franchement dans le bassin, les contractions s’espacent. La pression de sa tête sur le périnée déclenche à son tour le réflexe de poussée, ce moment où tout le corps s’unit pour l’aider à naître.

Délivrance

Les dernières contractions, moins intenses, surviennent dans les dix à trente minutes qui suivent pour permettre au placenta de se décoller et de s’évacuer. C’est la délivrance. La sage-femme s’assure alors que tout le placenta a bien été expulsé.

Contractions après l’accouchement

Dans les jours qui suivent la naissance, de nouvelles contractions se font sentir. L’utérus doit retrouver sa taille d’avant, il se rétracte donc peu à peu. Ces sensations, aussi appelées « tranchées », sont souvent plus supportables : le bébé est là, à portée de bras, et la douleur paraît moins pesante.

Pour aller plus loin, jetez un œil sur notre article dédié à La méthode Gasquet, une approche douce pour préparer l’accouchement en toute sérénité.

Au fil des semaines, les contractions dessinent une partition singulière, parfois déroutante, toujours unique. Mais derrière chaque tension, il y a l’annonce d’une rencontre, celle qui viendra bouleverser toutes les nuits blanches du monde.

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