Devenir vétérinaire en passant par une université européenne attire chaque année un nombre croissant de candidats francophones. Les études vétérinaires en Europe offrent des parcours variés, avec des cursus en français, en anglais ou dans la langue locale, selon le pays et l’établissement. Avant de se projeter dans un campus à l’étranger, il faut comprendre comment fonctionnent les admissions, ce que vaut réellement le diplôme obtenu et quelles démarches restent à accomplir pour exercer ensuite en France ou ailleurs.
Pour repérer les universités partenaires et préparer leur candidature, les étudiants peuvent consulter geds.fr, le service d’accompagnement qui les guide dans leurs démarches.
Directive européenne 2005/36/CE et exercice vétérinaire : ce que le diplôme ne règle pas seul
Beaucoup de candidats partent du principe qu’un diplôme vétérinaire obtenu dans un pays de l’Union européenne leur ouvrira automatiquement les portes de l’exercice en France. La réalité est plus nuancée.
La directive européenne 2005/36/CE prévoit bien une reconnaissance sectorielle des qualifications vétérinaires. Le diplôme doit figurer dans l’annexe V de la directive, au point 5.4.2, avec son intitulé exact. Un cursus situé dans l’UE, même s’il respecte le système de Bologne, n’est pas automatiquement couvert simplement parce qu’il délivre le bon nombre d’ECTS.
Concrètement, le diplômé doit déposer une demande auprès de l’autorité compétente du pays où il souhaite exercer. En France, cela passe par l’Ordre national des vétérinaires. Il faut fournir les justificatifs requis, satisfaire aux exigences linguistiques et accomplir les formalités administratives d’inscription. La reconnaissance du diplôme et l’autorisation d’exercer sont deux étapes distinctes.
Pourquoi ce point est-il si souvent négligé ? Parce que les brochures des universités mettent en avant l’accréditation européenne sans détailler la suite. Vérifier que le titre exact du diplôme apparaît dans l’annexe de la directive reste le premier réflexe à avoir avant de s’engager dans un cursus.

Cursus vétérinaire en Espagne, en Hongrie ou à Chypre : comparer les formations par pays
Le choix du pays détermine la langue d’enseignement, la durée du cursus, le mode d’admission et le coût de la scolarité. Voici les différences à connaître avant de candidater.
Espagne : un cursus en castillan accessible sur dossier
L’Espagne accueille de nombreux étudiants francophones en médecine vétérinaire. Le cursus dure généralement cinq à six ans. L’admission repose souvent sur le dossier académique et les notes obtenues au bac, sans concours d’entrée au sens français du terme.
La langue d’enseignement est le castillan. Un niveau B2 minimum est généralement exigé à l’inscription ou au cours de la première année. Les universités espagnoles figurant dans l’annexe de la directive délivrent un diplôme reconnu dans toute l’UE, à condition que l’intitulé corresponde bien à celui listé.
Hongrie et Slovaquie : des programmes en anglais
La Hongrie et la Slovaquie proposent des cursus vétérinaires enseignés en anglais, ce qui attire des candidats de toute l’Europe. Les programmes anglophones durent en général cinq ans et demi à six ans. L’admission passe par un dossier et parfois un entretien ou un test de connaissances scientifiques.
Ces formations ont l’avantage de ne pas imposer l’apprentissage d’une langue moins répandue dès la première année. Le coût annuel de la scolarité varie selon l’établissement, mais il reste à vérifier au cas par cas sur le site de chaque université.
Chypre et Portugal : des alternatives moins connues
Chypre et le Portugal développent aussi des filières en santé animale. Ces destinations, moins saturées de candidats francophones, peuvent offrir des conditions d’accueil intéressantes. La question de la langue d’enseignement (anglais, grec ou portugais) et de l’accréditation du diplôme mérite une vérification attentive.
La comparaison entre pays ne se limite pas au coût ou à la langue. Voici les critères à examiner systématiquement :
- L’intitulé exact du diplôme et sa présence dans l’annexe V, point 5.4.2, de la directive 2005/36/CE
- La langue d’enseignement et le niveau linguistique exigé à l’entrée ou en cours de cursus
- Le mode d’admission (dossier, concours, entretien, test scientifique) et les délais de candidature
- La durée totale du cursus, stages cliniques inclus, et la proportion de pratique hospitalière
- Les frais de scolarité annuels et les possibilités de bourses ou de financement
Étapes de candidature aux études vétérinaires à l’étranger
Candidater dans une université européenne ne fonctionne pas comme Parcoursup. Chaque établissement a son propre calendrier, ses propres formulaires et ses propres critères. Voici un parcours type, valable dans la plupart des cas.
Constituer un dossier académique solide
Les universités évaluent d’abord les résultats du bac, en particulier les notes en sciences (biologie, chimie, physique). Certaines demandent aussi les bulletins de première et de terminale. Un bon dossier scientifique reste le premier filtre de sélection, même dans les pays sans concours d’entrée.
Quelques établissements ajoutent une lettre de motivation ou un CV mentionnant des expériences en lien avec le monde animal (stages en clinique vétérinaire, bénévolat en refuge, travail en exploitation agricole).
Passer les épreuves ou entretiens spécifiques
Selon le pays et l’université, le processus peut inclure un test de connaissances scientifiques, un entretien en anglais ou en espagnol, voire un QCM de biologie et chimie. Ces épreuves ne sont pas toujours éliminatoires, mais elles pèsent dans le classement des candidatures.
Gérer les délais et la logistique
Les dates limites de candidature varient d’un pays à l’autre, parfois de plusieurs mois. Certaines universités ouvrent leurs inscriptions dès janvier pour une rentrée en septembre, d’autres acceptent des dossiers jusqu’en juin ou juillet.
Envoyer ses documents traduits et apostillés prend du temps. La traduction assermentée des relevés de notes et du diplôme du bac est presque toujours exigée. Mieux vaut s’y prendre plusieurs mois à l’avance.

Rôle de GEDS et de la plateforme Hippocrate.io dans le processus de candidature
GEDS (Grandes Études Européennes de Santé) n’est pas une université. C’est un organisme qui met en relation des candidats avec des universités partenaires en Europe. Son rôle consiste à accompagner les étudiants dans la gestion de leurs candidatures : choix des établissements, constitution du dossier, suivi des délais.
La plateforme Hippocrate.io, développée par GEDS, centralise le processus de candidature. Le candidat y crée son profil, télécharge ses documents et suit l’avancement de ses dossiers auprès de plusieurs universités depuis un seul espace. Cela simplifie la logistique, surtout quand on postule dans deux ou trois pays différents.
Quelques précisions pour éviter toute confusion :
- GEDS ne délivre aucun diplôme et ne garantit aucune admission – la décision finale appartient à chaque université
- Hippocrate.io est un outil de gestion de candidature, pas un portail d’inscription officiel des universités
- L’accompagnement proposé par GEDS implique des frais de service, distincts des frais de scolarité universitaires
L’intérêt principal réside dans le gain de temps administratif, notamment pour les candidats qui ne maîtrisent pas encore la langue du pays visé ou qui découvrent le fonctionnement des systèmes universitaires étrangers.
Critères de choix d’une formation vétérinaire en Europe : grille de décision
Plutôt que de comparer les universités sur un seul critère, il est plus fiable de croiser plusieurs paramètres. Le tableau ci-dessous synthétise les points à vérifier pour chaque établissement envisagé.
| Critère | Question à se poser |
|---|---|
| Accréditation | Le diplôme figure-t-il dans l’annexe V de la directive 2005/36/CE ? |
| Langue | Le cursus est-il en anglais, en français ou dans la langue locale ? |
| Admission | Dossier seul, concours, entretien ou test scientifique ? |
| Durée | Combien d’années, stages cliniques inclus ? |
| Pratique clinique | Quelle proportion du cursus est consacrée à la formation hospitalière ? |
| Coût total | Frais de scolarité, coût de la vie, aides disponibles ? |
| Retour en France | Quelles démarches pour l’inscription à l’Ordre des vétérinaires ? |
Ce dernier point, souvent oublié dans l’enthousiasme du départ, conditionne pourtant toute la suite. Vérifier la reconnaissance du diplôme avant de s’inscrire évite des mois de démarches correctives après l’obtention du titre. Les candidats qui anticipent cette étape dès le choix de l’université gagnent un temps considérable au moment de s’installer professionnellement.

